Recrutez autrement – Les Affaires: Franck La Pinta

La 7ème édition de la Conférence Les Affaires, Recrutez autrement s’est tenue sur deux jours les 10 et 11 juin derniers.

 recrutez

Présidée par Geneviève Desautels, 7 cas d’entreprise se sont succédés la première journée, suivis par 4 ateliers le lendemain.

Invité international cette année, Franck La Pinta a partagé avec Didier Dubois sa vision sur sa façon d’entretenir un réseau de talents. Comparant notamment la relation candidat – recruteur à une relation amoureuse (ahhh, ces français :)), Franck est passé à travers toutes les étapes en passant de la séduction avec la diffusion de l’offre, au mariage avec la finalisation de l’embauche.

Franck La Pinta

Franck est responsable de la stratégie digitale et communication externe en Ressources humaines pour la Société Générale, un des tous premiers groupes européens de services financiers (plus de 145 000 collaborateurs).

Il est auteur du blogue Médias sociaux, Marketing et Ressource humaines,  et co-auteur  du livre Le Marketing RH aux éditions Focus RH. Toujours pertinent, DRH connecté, j’ai eu envie de lui poser quelques questions :

 

D’un point de vue général, quelles sont vos impressions suite à  cette journée de conférences ?

J’attendais cette conférence avec beaucoup d’impatience car c’était pour moi l’occasion de rencontrer des entreprises nouvelles et d’écouter des témoignages différents des contacts que je rencontre habituellement en France. La situation particulière du marché de l’emploi au Canada met les entreprises face à des enjeux de pénurie que ne connaissent pas les entreprises françaises, même si le marché de l’emploi français connait également une tension sur certains profils. J’ai été en premier lieu frappé par le niveau de maturité qu’avaient les entreprises participantes. Comme lors des événements en France, il y a une volonté des entreprises de partager leurs expériences, et c’est une très bonne chose, et en face un public curieux, en attente de conseils, bienveillant mais dans le même temps exigeant.

Y-a-t-il une intervention ou un argument qui vous a davantage interpellé ?
J’en retiens deux qui me semblent être des axes de travail prioritaires pour demain. La première est celle de Banque Nationale. Le travail qu’ils ont fait sur le recueil et l’analyse des données est simplement incroyable. C’est à la fois un excellent outil de pilotage et un moyen d’évaluer la rentabilité des sommes dépensées. Cette démarche analytique sera demain de plus en plus attendue des équipes RH, qui devront justifier les dépenses engagées, démontrer la valeur créée, disposer d’outils d’aide à la décision factuels. Le seconde intervention est celle de ACCEO, qui s’est engagée dans une démarche innovante de suivi des candidatures écartées. Comme je l’ai évoqué dans ma présentation, l’acte de recrutement créée nécessairement une frustration chez la plupart des postulants, c’est mathématique, puisque la grande majorité ne seront pas recrutés. Ces même candidats sont ou seront demain des clients de l’entreprise. Le process de candidature ne doit donc pas détruire de la valeur d’image globale.
On entend souvent des comparaisons entre la France et le Québec, à savoir qui est en avance sur quel aspect. Qu’en pensez-vous ?
Je ne crois pas que l’on puisse parler d’avance pour l’un ou l’autre des deux pays. Ce que je constate des deux cotés de l’Atlantique, c’est surtout une inégalité dans le niveau de maturité entre les entreprises. Il y a des pionnières, qui ont compris les opportunités du digital pour les RH, qui ont déjà lancé des expérimentation, tiré des enseignement, défini des stratégies et des priorités d’actions. Elles représentent encore une minorité, face à d’autres qui hésitent encore à se lancer, semblant vouloir accumuler un maximum d’informations théoriques, trop peut-être, pour se rassurer. Je pense qu’à un moment il faut se lancer, d’abord car le modèle mis en place par une entreprise est rarement transposable dans une autre, ensuite parce qu’à un moment il faut se jeter à l’eau et apprendre à nager, quitte à boire quelques tasses. On n’append pas à nager dans les livres.

La question vous a déjà été posée à plusieurs reprises. Je relance: Comment voyez-vous évoluer la fonction recrutement et la marque employeur ?
Je suis convaincu que la réputation employeur des entreprises sera demain un thème central, qui dépassera des seules prérogatives des RH pour devenir un vrai projet d’entreprise, qui engage la direction générale. Ce mouvement sera poussé par les consommateurs, qui menaceront de boycotter les produits et services des entreprises qui n’ont pas de comportement éthiques ou responsables vis-à-vis de leurs salariés. Ils pourront également décider de ce détourner de ces entreprises, par crainte de ne pas avoir une qualité de service à la hauteur de leurs attentes, car un collaborateur qui n’est pas bien dans son entreprise ne peut apporter un bon service à son client.

Vous êtes un Responsable RH connecté. Pour nos DRH qui ne le sont pas, qu’est-ce que cela vous apporte d’un point de vue plus personnel ?

Un responsable RH, quelque soit sa fonction, qui ne prend pas conscience des opportunité du digital et des impacts que cela va avoir sur sa manière de faire son métier, met en danger sa propre employabilité. Je prends souvent cette image mais c’est un peu comme un publicitaire qui, dans les années 1960, aurait refusé de s’intéresser à la télévision ! De plus, un responsable RH non connecté ne sera pas en mesure d’évaluer les impacts du digital sur les métiers de l’entreprise. S’il est totalement étranger à ces transformations, comment identifier les nouvelles compétences à recruter, les expertises émergentes à développer, les formations à mettre en place, les modèles managériaux à faire évoluer…Il ne pourra donc pas accompagner cette incroyable transformation digitale que commencent à vivre les entreprises.

Un grand merci à Franck pour sa disponibilité. Je reviendrai dans un prochain billet sur la conférence donnée par Marie-Carmen Velsaco, VP exécutive et Chef capital humain pour ACCEO Solutions: Comment entretenir une relation avec les candidats non retenus ?

 

Une réflexion sur “Recrutez autrement – Les Affaires: Franck La Pinta

  1. Pingback: Et si on faisait un suivi auprès de tous nos candidats ? | lasourcehumaine

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